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Sommaire5 sections
  1. 01Un tracker n'est qu'un emballage
  2. 02Le NASDAQ-100 est un pari, pas une diversification
  3. 03Les critères qui séparent un bon tracker d'un mauvais
  4. 04La tokenisation ne change rien à ce raisonnement
  5. 05Questions fréquentes

« L'ETF le plus lucratif du moment » : la formule marche bien en titre, beaucoup moins comme méthode de placement. Un fonds qui vient de faire 30 % sur douze mois n'a rien promis pour les douze suivants, et l'expérience montre que le classement des performances passées se retourne assez régulièrement pour ruiner ceux qui le suivent à la lettre.

Le tracker qui revient le plus souvent dans ce genre de palmarès est le Invesco QQQ, qui réplique le NASDAQ-100. Il mérite un examen, à condition de comprendre ce qu'on achète : pas un fonds miracle, mais une concentration assumée sur une poignée de très grandes entreprises technologiques américaines.

Courbes de performance de fonds indiciels

Un tracker n'est qu'un emballage

Un ETF est un fonds qui détient un panier de titres et dont les parts se négocient en Bourse comme une action. Il ne produit pas de performance par lui-même : il vous livre celle de son indice, moins ses frais, et avec un écart de suivi de quelques dixièmes de point.

Ce qui décide de votre résultat, c'est donc le contenu du panier, pas l'habillage. Deux fonds vendus par des maisons différentes sur le même indice donneront à peu de chose près le même rendement. Comparer des trackers d'indices différents revient à comparer des marchés, pas des produits.

Le NASDAQ-100 est un pari, pas une diversification

Le Invesco QQQ suit les 100 plus grosses valeurs non financières du NASDAQ. Les cinq premières lignes pèsent souvent autour de 30 à 40 % du fonds, et le secteur technologique dépasse la moitié du portefeuille. Détenir cet ETF, ce n'est pas s'exposer au marché américain : c'est parier que les mêmes entreprises continueront de dominer.

Ce pari a très bien payé depuis 2010. Il a aussi coûté 80 % entre 2000 et 2002, et environ un tiers sur la seule année 2022. Un investisseur qui a acheté au sommet de 2021 a mis deux ans à revenir à l'équilibre. Ce genre de séquence ne se lit pas dans une performance annualisée.

Les critères qui séparent un bon tracker d'un mauvais

À indice égal, quatre points suffisent à trancher. Les frais annuels, d'abord : entre 0,05 % et 0,20 % sur les grands indices, davantage sur les thématiques, où l'on voit couramment 0,50 %. L'écart de suivi ensuite, qui mesure la fidélité réelle à l'indice sur plusieurs années.

Vient l'encours : en dessous de 100 millions d'euros, le risque de fermeture n'est pas théorique, et une liquidation vous force à réaliser une plus-value au mauvais moment. Enfin, la liquidité au carnet, qui détermine l'écart entre le prix d'achat et le prix de vente que vous supporterez à chaque passage.

Le domicile du fonds mérite une ligne à part. Un tracker irlandais ou luxembourgeois éligible au PEA ou logeable en assurance vie vous fera gagner plus, après impôt, qu'un fonds américain légèrement moins cher auquel un résident français n'a de toute façon pas accès.

La tokenisation ne change rien à ce raisonnement

On lit régulièrement que la blockchain va transformer les fonds cotés. Les expérimentations existent, quelques fonds monétaires tokenisés circulent, et la promesse porte sur le règlement livraison plutôt que sur la performance. Rien là-dedans ne rendra un indice concentré moins volatil, ni ne réduira les frais d'un produit thématique. Ce chantier concerne la plomberie, pas votre rendement.

Questions fréquentes

Faut-il acheter l'ETF qui a le mieux performé l'an dernier ? C'est le réflexe le plus coûteux qui soit. Une année exceptionnelle traduit souvent une valorisation devenue tendue, donc un point d'entrée médiocre.

Le QQQ est-il accessible depuis la France ? Pas dans sa version américaine, faute de document d'information réglementaire européen. Il existe des trackers NASDAQ-100 domiciliés en Irlande, cotés en euros, qui font le même travail.

Quels frais paie-t-on réellement ? Les frais courants du fonds, l'écart entre prix d'achat et prix de vente, la commission de votre courtier, et le change si le fonds cote hors zone euro.

Combien de trackers faut-il détenir ? Un fonds monde couvre déjà la plus grande partie du marché mondial. Au delà de trois ou quatre lignes, on empile des expositions qui se recoupent en croyant diversifier.

Quels risques restent-ils ? Le risque de marché, qui est entier, le risque de change sur les actifs libellés en dollars, et le risque de contrepartie pour les fonds à réplication synthétique.

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