Initiation au Marketing Automation : Première Étape

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Sommaire7 sections
  1. 01Un seul déclencheur, et le plus banal possible
  2. 02Écrire les messages avant d'ouvrir la moindre interface
  3. 03Le rythme se décide avant la construction
  4. 04Les conditions de sortie, la partie que tout le monde oublie
  5. 05Tester comme si vous étiez le destinataire
  6. 06Démarrer petit, exprès
  7. 07Mesurer, et accepter que ce soit peu concluant

Il existe un moment précis où un projet d'automatisation devient réel : quand un premier message part tout seul vers une personne qu'on n'a pas choisie à la main. Avant ce moment, il n'y a que des schémas et des réunions. Après, il y a un système qui tourne et qu'il faut surveiller.

Ce premier scénario mérite d'être traité avec un soin disproportionné par rapport à sa taille. Non pas parce qu'il rapportera beaucoup, il ne rapportera probablement pas grand-chose, mais parce qu'il installe des habitudes. La façon dont vous le nommez, le testez et le mesurez sera copiée sur les vingt suivants, y compris ses défauts.

Ce qui suit décrit le trajet complet d'un premier parcours, du choix de l'événement de départ jusqu'à la lecture des résultats. Comptez deux semaines calendaires en travaillant dessus quelques heures, pas plus. Si ça déborde, c'est que le périmètre était trop ambitieux.

Écran affichant un parcours automatisé en construction

Un seul déclencheur, et le plus banal possible

Le premier réflexe est de choisir le scénario le plus impressionnant : la relance de panier abandonné avec trois embranchements, ou le parcours de réactivation des clients dormants. Mauvaise idée. Prenez l'événement le plus fréquent et le mieux enregistré de votre système.

Dans la plupart des cas, c'est une inscription : quelqu'un laisse son adresse via un formulaire. L'événement est propre, daté, facile à reproduire pour tester. Une demande de documentation ou une première commande font aussi l'affaire.

Vérifiez trois choses avant de continuer. L'événement arrive-t-il assez souvent pour que vous ayez des données au bout de trois semaines ? Est-il enregistré de façon fiable, ou dépend-il d'un export manuel que quelqu'un fait quand il y pense ? Et surtout, savez-vous ce qui se passe aujourd'hui quand il survient ? Si un commercial appelle déjà ces personnes dans l'heure, votre message automatique arrivera comme un doublon maladroit.

Un seul déclencheur. Pas « inscription ou téléchargement ou demande de contact ». Un.

Écrire les messages avant d'ouvrir la moindre interface

L'ordre habituel est mauvais : on construit la mécanique, puis on cherche quoi mettre dedans, et le texte finit rédigé à la va-vite un vendredi soir. Inversez.

Ouvrez un simple document et écrivez les messages en entier, y compris l'objet, le nom d'expéditeur et la première ligne visible dans la boîte de réception. Cette première ligne compte presque autant que l'objet, et presque personne ne l'écrit volontairement.

Deux règles pour ces textes. Ils sont écrits par une personne, avec un nom, pas par « l'équipe ». Et chacun a une seule chose à faire faire : lire un document, répondre, prendre un rendez-vous. Un message qui propose trois actions n'en obtient aucune.

Relisez-les à voix haute. Un texte automatisé s'entend, et ce qui sonne faux à l'oreille sonne faux dans une boîte de réception.

Le rythme se décide avant la construction

Combien de messages, et à quel intervalle ? Pour un premier parcours, deux ou trois suffisent. Le premier part rapidement après le déclencheur, quelques minutes plus tard, tant que la personne se souvient de vous. Les suivants s'espacent de quelques jours.

Deux détails de calendrier valent la peine d'être réglés dès le départ. Évitez les envois nocturnes ou du dimanche pour un contenu professionnel : le message est encore là le lundi, en dessous de vingt autres. Et fixez une fin. Un parcours sans terme, où le contact reste indéfiniment en attente d'une condition qui ne viendra jamais, est le genre de chose qu'on retrouve deux ans plus tard en faisant du rangement.

Les conditions de sortie, la partie que tout le monde oublie

Un parcours bien construit se définit autant par la façon d'en sortir que par la façon d'y entrer. C'est le point sur lequel je vois passer le plus d'erreurs, et ce sont celles que les destinataires remarquent.

Listez les situations qui doivent interrompre la séquence immédiatement. La personne a répondu à un message : arrêtez tout, un humain prend la suite. Elle a acheté : ne lui proposez plus de découvrir le produit qu'elle possède. Elle est déjà en discussion avec un commercial : ne lui parlez pas comme à une inconnue. Elle s'est désinscrite : cela va sans dire, sauf que certains systèmes traitent mal les messages dits transactionnels.

Ajoutez une règle globale de fréquence, quel que soit le nombre de parcours actifs : pas plus d'un message automatique par personne et par jour. Cette règle vous sauvera le jour où deux scénarios se déclencheront en même temps sur le même contact, et ce jour arrivera.

Tester comme si vous étiez le destinataire

Le test interne des plateformes montre le message dans un aperçu confortable. Ce n'est pas ce que verra la personne.

Créez quatre adresses de test chez des fournisseurs de messagerie différents, dont au moins une professionnelle et une grand public. Inscrivez-vous vous-même en passant par le vrai formulaire, sur le vrai site. Regardez ce qui arrive sur téléphone, écran éteint puis rallumé, ainsi que dans un client de messagerie qui bloque les images par défaut.

Vérifiez au passage l'onglet ou le dossier d'arrivée, la lisibilité de l'objet tronqué sur un écran étroit, et le fonctionnement du lien de désinscription. Puis testez les cas tordus : la même personne qui s'inscrit deux fois, une personne déjà cliente qui remplit le formulaire, une adresse mal orthographiée.

Comptez une bonne demi-journée pour cette étape. C'est le meilleur investissement de tout le projet, et c'est celui qu'on rogne quand on est pressé.

Démarrer petit, exprès

Une pratique que je recommande systématiquement : n'activez pas le parcours pour tout le monde le premier jour. Limitez-le à une source d'inscription, ou à une zone géographique, ou simplement à une semaine d'observation avec un plafond de contacts.

Pendant cette période, regardez chaque jour la liste des personnes entrées dans le parcours et demandez-vous si elles y ont leur place. Vous découvrirez des choses que le schéma ne montrait pas : des adresses internes à votre entreprise, des candidatures spontanées prises pour des demandes commerciales, un partenaire qui reçoit un message de bienvenue alors qu'il travaille avec vous depuis six ans.

Mesurer, et accepter que ce soit peu concluant

Au bout de trois ou quatre semaines, regardez trois choses seulement : combien de personnes sont entrées, combien ont fait l'action attendue, combien se sont désinscrites.

Le taux d'ouverture ne figure pas dans cette liste, et c'est volontaire : les protections de vie privée de certains services de messagerie déclenchent des ouvertures qui n'en sont pas. Le chiffre existe, il ne mesure plus ce qu'il prétend mesurer.

Préparez-vous à un résultat modeste. Sur les premières semaines, avec un volume faible, vous n'aurez pas de quoi conclure grand-chose, et ce n'est pas grave. Le premier parcours sert à vérifier que la plomberie tient, que les données arrivent, que rien ne part deux fois. Les gains viennent après, quand cinq ou six parcours tournent ensemble et couvrent le trajet complet d'un contact.

Une remarque pour finir, qui vaut aussi pour la suite. Le jour où votre premier parcours tourne, ajoutez-le à un document d'une page : son nom, son déclencheur, ses messages, ses conditions de sortie, la date de sa dernière relecture. Ça prend dix minutes et ça paraît excessif pour un seul scénario. Au huitième, ce document sera la seule chose qui vous permettra de savoir qui parle à qui dans votre système, et vous serez content de l'avoir commencé tôt.

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