Analyse comparative des meilleures assurances auto de l'année 2021
Sommaire5 sections
- 01Tiers, intermédiaire, tous risques : la frontière est ailleurs qu'on croit
- 02La franchise décide du montant que vous toucherez vraiment
- 03Valeur à dire d'expert, l'expression qui coûte cher
- 04Bonus, malus et prêt de volant : le terrain des mauvaises surprises
- 05Une méthode en une heure plutôt qu'un classement
Il n'existe pas de meilleure assurance auto. Il existe des contrats qui conviennent à une Clio de douze ans garée dans la rue et d'autres à un break récent en location longue durée, et les deux ne se croisent jamais. Les classements publiés chaque année reposent la plupart du temps sur un profil type, souvent un conducteur trentenaire sans sinistre dans une ville moyenne. Changez un paramètre, l'ordre du classement se retourne.
Ce qui se compare, en revanche, c'est un contrat face à un autre, sur votre situation à vous. Ça demande une heure de travail et une grille de lecture. La grille tient en cinq points, et aucun n'est le prix.
Je commence par le plus mal compris : la formule.
Tiers, intermédiaire, tous risques : la frontière est ailleurs qu'on croit
La formule au tiers couvre ce que vous causez aux autres, rien de plus. Elle est obligatoire et suffit sur un véhicule dont la valeur de revente descend sous le millier d'euros, puisque l'indemnisation potentielle ne couvrirait guère plus que les cotisations versées.
La formule intermédiaire, appelée aussi tiers étendu ou tiers plus, ajoute un jeu de garanties précises : vol, incendie, bris de glace, catastrophes naturelles, parfois les dommages causés par un animal. Elle ne couvre pas les dégâts subis par votre voiture quand vous êtes responsable de l'accident. C'est ce point qui la sépare du tous risques, et c'est celui que les vendeurs expliquent le plus vite.
Le tous risques ajoute donc la garantie dommages tous accidents, y compris quand vous êtes en tort et quand le tiers n'est pas identifié. Il devient rentable au-dessus d'une valeur de véhicule que je situerais autour de six ou sept mille euros, avec une nuance : le surcoût annuel entre intermédiaire et tous risques dépasse rarement quelques centaines d'euros, ce qui rend l'arbitrage assez rapide dès que la voiture pèse lourd dans votre patrimoine.
Attention à un cas particulier : un véhicule financé en location avec option d'achat ou en leasing impose presque toujours le tous risques par contrat. La question ne se pose pas, seul le choix de l'assureur reste ouvert.
La franchise décide du montant que vous toucherez vraiment
Deux contrats annoncés au même tarif peuvent différer de plusieurs centaines d'euros sur un sinistre, à cause d'une seule ligne. La franchise se décline en plusieurs formes, et il faut les distinguer.
- La franchise fixe, un montant en euros retiré de chaque indemnisation.
- La franchise proportionnelle, un pourcentage du montant des dommages, souvent encadré par un minimum et un maximum.
- La franchise majorée pour conducteur novice, appliquée pendant les premières années de permis et rarement mise en avant.
- Les franchises spécifiques par garantie : le bris de glace et le vol ont fréquemment la leur, différente de la franchise générale.
Une prime plus basse s'obtient presque toujours en acceptant une franchise plus haute. C'est un arbitrage honnête, à condition de savoir combien vous pouvez sortir sans y penser. Si une franchise de mille euros vous mettrait en difficulté, elle ne vous convient pas, quelle que soit l'économie annoncée sur la cotisation.
Pour comparer proprement, prenez un sinistre imaginaire de trois mille euros et calculez ce que chaque contrat vous verserait. Le classement obtenu ne ressemble jamais à celui des prix affichés.
Valeur à dire d'expert, l'expression qui coûte cher
En cas de destruction du véhicule, la plupart des contrats indemnisent à la valeur à dire d'expert : la cote du marché au jour du sinistre, établie par l'expert mandaté par l'assureur. Sur une voiture de trois ans, l'écart avec le prix d'achat peut atteindre 30 à 40 %, parfois plus sur certains modèles. Vous êtes indemnisé de la valeur perdue, pas du bien que vous aviez.
Trois mécanismes corrigent partiellement ce décalage. La garantie valeur à neuf, qui rembourse le prix d'achat pendant une durée limitée, généralement six à trente-six mois selon les contrats. La garantie de valeur majorée, qui ajoute un pourcentage à la cote d'expert. Et la garantie perte financière, propre aux véhicules financés, qui comble l'écart entre l'indemnité et le capital restant dû au loueur. Cette dernière évite une situation désagréable : plus de voiture et des mensualités qui continuent.
Bonus, malus et prêt de volant : le terrain des mauvaises surprises
Le coefficient de réduction majoration suit le conducteur, pas la voiture. Il baisse de 5 % par année sans sinistre responsable et descend jusqu'à 0,50 au bout de treize ans. Un sinistre responsable le multiplie par 1,25, un sinistre partiellement responsable par 1,125. Le coefficient se transfère intégralement quand vous changez d'assureur, sur présentation du relevé d'information que l'ancien assureur doit vous fournir sous quinze jours.
Certains contrats proposent une protection du bonus après le premier sinistre responsable. L'option est intéressante pour un conducteur au coefficient minimal depuis longtemps, beaucoup moins pour quelqu'un qui vient de commencer, puisqu'elle protège une réduction qui n'existe pas encore.
Le prêt du volant mérite une lecture attentive, parce que c'est là que se cachent les exclusions les plus coûteuses. Trois configurations reviennent régulièrement. Le prêt libre, où toute personne titulaire du permis peut conduire, avec parfois une franchise majorée en cas de sinistre. Le prêt limité aux conducteurs désignés au contrat, où prêter la voiture à un ami vous expose à une réduction d'indemnité. Et l'exclusion des conducteurs de moins de vingt-cinq ans ou titulaires du permis depuis moins de trois ans, fréquente et rarement annoncée à l'oral.
Une exclusion voisine passe souvent inaperçue : l'usage professionnel. Un contrat souscrit pour un usage privé et trajet domicile-travail ne couvre pas les tournées de livraison ni les déplacements chez des clients à longueur de semaine. Si votre usage a changé depuis la souscription, signalez-le, faute de quoi l'assureur peut réduire l'indemnité au prorata de la prime non payée.
Une méthode en une heure plutôt qu'un classement
Rassemblez d'abord vos données : coefficient actuel, date d'obtention du permis, kilométrage annuel réel, lieu de stationnement de nuit, valeur de revente du véhicule consultée sur une cote en ligne. Ces cinq éléments conditionnent tout le reste.
Demandez ensuite trois devis sur exactement la même formule et la même franchise. C'est la partie que les gens sautent, et c'est celle qui rend la comparaison possible : un devis tiers étendu face à un devis tous risques ne s'oppose pas, il se juxtapose. Sur ces trois devis alignés, examinez la franchise par garantie, la durée de la valeur à neuf, le contenu de l'assistance et son seuil de déclenchement en kilomètres, les conditions de prêt du volant, et la présence ou non d'un véhicule de remplacement avec sa durée.
L'assistance zéro kilomètre, qui intervient même devant chez vous, sert plus souvent qu'on ne l'imagine, parce que la majorité des pannes immobilisantes surviennent au démarrage. Beaucoup de contrats fixent un seuil de vingt-cinq ou cinquante kilomètres du domicile, ce qui exclut précisément le cas le plus fréquent.
Enfin, laissez le tarif pour la fin. Une fois les garanties alignées, l'écart de prix entre trois offres sérieuses dépasse rarement 20 %, et cet écart se justifie souvent par une ligne de garantie que vous aurez identifiée. Depuis la loi Hamon, vous pouvez résilier à tout moment après un an de contrat, et le nouvel assureur se charge des formalités : rien ne vous oblige à attendre l'échéance pour bouger.
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