Tout ce qu'il faut savoir sur le prêt personnel : un guide essentiel

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Sommaire5 sections
  1. 01Non affecté, affecté, renouvelable : trois objets différents
  2. 02Le TAEG, et pourquoi il ne peut pas monter jusqu'au ciel
  3. 03Faites tourner le coût total, pas la mensualité
  4. 04Quatorze jours pour changer d'avis
  5. 05Ce qui se passe côté prêteur quand vous déposez un dossier

« Mensualité : 149 euros. » C'est la seule ligne que la moitié des emprunteurs regarde vraiment sur une offre de prêt personnel. Elle ne dit rien. Étalez la même somme sur soixante mois plutôt que trente-six et la mensualité fond, pendant que le coût total, lui, gonfle de plusieurs centaines d'euros. Le chiffre qui compte est ailleurs, il s'appelle TAEG, et il est obligatoirement affiché sur toute offre.

Le prêt personnel appartient à la famille du crédit à la consommation. On l'emprunte sans dire à quoi il servira, on le rembourse par échéances fixes, et il obéit à un cadre légal protecteur que beaucoup ignorent. Voilà ce qu'il faut avoir en tête avant de signer quoi que ce soit.

Non affecté, affecté, renouvelable : trois objets différents

Personne consultant un dossier de crédit

Le prêt personnel est un crédit non affecté. Vous recevez les fonds sur votre compte, vous en faites ce que vous voulez, et le prêteur ne vous demande aucun justificatif d'emploi. La contrepartie est réelle : le sort du crédit est indépendant de celui de l'achat. Si vous financez une cuisine avec un prêt personnel et que le cuisiniste dépose le bilan avant la livraison, vous continuez de rembourser.

Le crédit affecté fonctionne à l'inverse. Il est juridiquement lié à un bien ou une prestation identifiée, une voiture, des panneaux solaires, un voyage. Si la vente est annulée ou le bien jamais livré, le contrat de crédit tombe avec elle. Cette protection est solide, et elle vaut d'être choisie chaque fois que l'achat est identifiable et un peu risqué. Le prix à payer est un peu de souplesse : les fonds partent directement au vendeur.

Le crédit renouvelable est un troisième animal, et le plus coûteux. Une réserve d'argent se reconstitue au fil des remboursements, disponible en permanence, souvent adossée à une carte de magasin. Ses taux sont de très loin les plus élevés du marché du crédit à la consommation, régulièrement deux à trois fois ceux d'un prêt personnel classique. Sur des petits montants tirés puis remboursés dans le mois, ça se discute. Sur un solde qu'on traîne pendant trois ans, c'est un piège à intérêts, et c'est très exactement le produit qu'on vous proposera en caisse un samedi après-midi.

Le TAEG, et pourquoi il ne peut pas monter jusqu'au ciel

Le taux annuel effectif global ramène tout à un pourcentage unique, comparable d'un établissement à l'autre. Il inclut les intérêts, les frais de dossier, les frais d'ouverture et l'assurance emprunteur lorsque celle-ci conditionne l'octroi. Une offre à 4,9 % avec 200 euros de frais de dossier peut coûter plus cher qu'une offre à 5,3 % sans frais, et seul le TAEG le montre.

Au-dessus, il y a un plafond : le taux d'usure. La Banque de France publie chaque trimestre, par catégorie de prêt et par tranche de montant, un seuil au-delà duquel un crédit devient illégal. Un établissement ne peut pas vous proposer un TAEG supérieur. Ce plafond explique d'ailleurs des refus qui paraissent absurdes : quand un profil est jugé risqué, le prêteur devrait facturer un taux au-dessus de l'usure pour couvrir ce risque, il ne le peut pas, alors il refuse. Ce n'est pas de la mauvaise volonté, c'est un mur réglementaire.

Les fourchettes bougent avec les taux directeurs et je ne citerai aucun chiffre daté ici, il serait faux dans six mois. Regardez plutôt l'écart entre les offres que vous avez sous les yeux, au même montant et à la même durée, et méfiez-vous des taux d'appel réservés à un profil rare, affichés en grand et assortis d'un astérisque.

Faites tourner le coût total, pas la mensualité

Prenons 10 000 euros. À TAEG constant, passer de 36 à 72 mois divise presque par deux l'échéance mensuelle et multiplie par plus de deux les intérêts versés. Sur un crédit consommation ordinaire, l'écart entre les deux durées se chiffre facilement en plusieurs centaines d'euros, parfois plus de mille selon le taux. Un emprunt à 15 000 euros sur sept ans peut coûter, intérêts et assurance compris, l'équivalent d'une petite voiture d'occasion en frais purs.

La méthode tient en trois lignes. Décidez d'abord de la mensualité maximale supportable pour votre budget, en gardant de la marge. Cherchez ensuite la durée la plus courte compatible avec cette mensualité. Comparez enfin, à durée identique, le coût total du crédit affiché sur chaque offre. Dans cet ordre, jamais l'inverse.

Quatorze jours pour changer d'avis

Le crédit à la consommation ouvre un droit de rétractation de quatorze jours calendaires à compter de l'acceptation de l'offre. Sans motif, sans pénalité. Le bordereau détachable est joint au contrat, il faut l'envoyer, de préférence en recommandé pour garder la preuve de la date. Si les fonds ont déjà été versés, vous les restituez avec les intérêts courus sur les quelques jours écoulés, ce qui reste dérisoire.

L'offre elle-même doit être maintenue quinze jours par le prêteur, ce qui vous laisse le temps de la faire jouer contre une autre. Servez-vous-en : une offre écrite en main est un argument de négociation nettement plus solide qu'une intention.

Le remboursement anticipé est également encadré. Vous pouvez solder tout ou partie du capital quand vous voulez. En crédit à la consommation, aucune indemnité n'est due en dessous d'un certain seuil de remboursement par période de douze mois, et au-delà l'indemnité reste plafonnée à un pourcentage faible du capital remboursé, avec un plafond plus bas encore quand la durée restante est courte. Autrement dit, rembourser par anticipation est presque toujours gagnant, et il faut le demander par écrit pour obtenir le décompte exact.

Ce qui se passe côté prêteur quand vous déposez un dossier

La décision repose sur quelques éléments simples. Le taux d'endettement d'abord, calculé toutes charges de crédit confondues, avec un seuil de référence autour du tiers des revenus nets, appliqué avec plus ou moins de souplesse selon le reste à vivre. La stabilité des revenus ensuite, un contrat à durée indéterminée hors période d'essai ou trois bilans pour un indépendant. La tenue du compte enfin, et c'est le point le plus sous-estimé : trois relevés bancaires sans découvert ni rejet de prélèvement valent mieux qu'une longue lettre d'explication.

Une inscription au fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers ferme presque toutes les portes du crédit classique jusqu'à sa levée. Aucun intermédiaire ne peut vous en sortir contre paiement, et quiconque le promet ment.

Personne ne peut vous garantir l'obtention d'un crédit, ni un taux, avant l'étude complète du dossier et l'acceptation formelle du prêteur. Les comparateurs affichent des estimations, pas des engagements. Ce qui vous engage, c'est l'offre préalable de crédit, datée, chiffrée, avec son TAEG et son coût total en euros. Le reste est de la publicité, et vous avez quatorze jours pour vous en apercevoir.

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