---
title: "Quel salaire minimum faut-il pour obtenir un prêt de 150 000 euros sur 20 ans ?"
url: https://ksabz.net/quel-salaire-minimum-faut-il-pour-obtenir-un-pret-de-150-000-euros-sur-20-ans.html
author: "Sophie Martin"
date_published: 2024-08-03T12:09:26+02:00
date_modified: 2026-09-09T12:08:30+02:00
categories: ["Business"]
image: https://ksabz.net/wp-content/uploads/2024/08/-23.jpg
description: "Obtenir un prêt immobilier de 150 000 euros sur une durée de 20 ans demande une réflexion approfondie sur les conditions financières requises. Parmi ces conditions, le salaire minimum joue…"
site: "ksabz"
license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source."
---

# Quel salaire minimum faut-il pour obtenir un prêt de 150 000 euros sur 20 ans ?

La question revient dans tous les rendez-vous bancaires, formulée à l'envers. On demande « quel salaire faut-il », alors que la banque, elle, raisonne à partir de la mensualité. Elle calcule ce que coûte le crédit chaque mois, assurance incluse, puis elle vérifie que ce montant tient dans une fraction de vos revenus. Le salaire minimum n'est que le résultat de cette division.

Deuxième correction avant d'aller plus loin : la règle des 33 % appartient au passé. Le Haut Conseil de stabilité financière a fixé un plafond de **35 % de taux d'effort, assurance emprunteur comprise**, et cette précision change le calcul. Beaucoup d'articles continuent d'écrire 33 % hors assurance, ce qui est faux dans les deux moitiés de la phrase.

![Dossier de demande de prêt immobilier sur un bureau](https://ksabz.net/wp-content/uploads/2024/08/-22.jpg)

## Ce que coûte réellement 150 000 euros sur 20 ans

Vingt ans, c'est 240 mensualités. Le montant de chacune dépend du taux, et l'écart entre deux niveaux de taux est plus brutal qu'on ne l'imagine. Les chiffres ci-dessous sont des simulations, calculées sur un prêt amortissable classique à taux fixe, hors frais de dossier et hors garantie.

| Taux nominal | Mensualité hors assurance | Avec assurance (environ 40 euros) | Revenu net mensuel requis à 35 % |
| --- | --- | --- | --- |
| 2,0 % | 759 euros | 799 euros | 2 285 euros |
| 3,0 % | 832 euros | 872 euros | 2 490 euros |
| 3,5 % | 870 euros | 910 euros | 2 600 euros |
| 4,0 % | 909 euros | 949 euros | 2 710 euros |
| 4,5 % | 949 euros | 989 euros | 2 825 euros |

Retenez l'ordre de grandeur : autour de **2 500 à 2 800 euros nets par mois** pour un emprunteur seul, sans autre crédit en cours. Pour un couple, ces revenus s'additionnent, ce qui explique que le même dossier passe sans difficulté à deux et se refuse tout juste à un.

Un point sur l'assurance, souvent traitée comme une broutille. Sur un capital de 150 000 euros, une cotisation de 0,30 % par an représente 37,50 euros par mois, une cotisation de 0,50 % en représente 62,50. L'écart paraît faible et pèse pourtant 6 000 euros sur la durée du prêt. C'est aussi la ligne la plus facile à renégocier, puisque la loi autorise désormais le changement d'assurance à tout moment, sans frais, à garanties équivalentes.

  **La règle réelle, pas celle qu'on répète**

Le plafond est de 35 % des revenus nets, assurance emprunteur incluse dans le calcul, pas 33 % hors assurance. Les banques disposent d'une marge de dérogation portant sur une part limitée de leur production, réservée en priorité aux primo-accédants et à l'achat de la résidence principale. Au-delà, le dossier est refusé même avec des revenus confortables.

## Le taux affiché n'est pas le taux que vous payez

La comparaison entre deux offres se fait sur le **TAEG**, taux annuel effectif global, et pas sur le taux nominal mis en avant dans la publicité. Le TAEG intègre l'assurance obligatoire, les frais de dossier, le coût de la garantie, caution ou hypothèque, et les frais de tenue de compte quand la banque en impose.

Un exemple parle mieux. Un crédit annoncé à 3,50 % avec une assurance à 0,34 %, 900 euros de frais de dossier et une caution autour de 2 000 euros ressort à un TAEG proche de 4,2 %. Une offre concurrente annoncée à 3,65 % mais avec des frais de dossier offerts et une assurance à 0,20 % peut fort bien afficher un TAEG plus bas. Le classement s'inverse.

Le TAEG sert aussi à autre chose. Il doit rester sous le **taux d'usure**, un plafond légal calculé et publié par la Banque de France, distinct selon la durée du prêt. Quand les taux de marché montent vite, ce plafond peut coincer des dossiers pourtant solvables, notamment ceux d'emprunteurs âgés ou avec un antécédent médical dont l'assurance est surtarifée. Dans ce cas, le refus ne vient pas de vos revenus mais d'une contrainte réglementaire, et la solution passe souvent par une délégation d'assurance.

## Allonger la durée soulage la mensualité et alourdit la facture

C'est le réflexe naturel quand le taux d'effort dépasse le seuil : passer de 20 à 25 ans. Ça marche, et ça se paie.

Sur les mêmes 150 000 euros à 3,5 %, la mensualité hors assurance tombe de 870 euros à environ 751 euros. Un soulagement de 119 euros par mois. Mais le coût total des intérêts passe d'environ 58 800 euros à près de 75 300 euros. Vous payez donc quelque 16 500 euros de plus pour un confort mensuel de 119 euros. Sur cinq années supplémentaires de remboursement.

Dans l'autre sens, ramener la durée à 15 ans porte la mensualité à environ 1 072 euros et ramène les intérêts à quelque 43 000 euros. Il faut alors près de 3 100 euros nets par mois pour tenir dans les 35 %, ce qui exclut la plupart des primo-accédants seuls.

Rappelons enfin que la durée d'un crédit immobilier est encadrée : 25 ans, avec une tolérance de deux années supplémentaires quand les travaux ou la construction retardent l'entrée dans le logement. L'allongement à l'infini n'existe pas.

  **Cinq ans de plus, 16 500 euros de plus**

Simulation sur 150 000 euros à 3,5 %. Sur 20 ans, environ 58 800 euros d'intérêts. Sur 25 ans, environ 75 300 euros. La mensualité baisse de 119 euros, la note finale grimpe de 16 500. Allongez la durée pour faire passer le dossier si nécessaire, puis remboursez par anticipation dès que vos revenus le permettent.

## Ce que la banque regarde au-delà du ratio

Le taux d'effort est une condition de passage, pas une garantie d'accord. Trois autres éléments pèsent lourd dans la décision.

Le **reste à vivre** d'abord. Une personne seule à 2 600 euros nets qui rembourse 910 euros conserve environ 1 690 euros pour tout le reste. Un couple avec deux enfants et les mêmes 35 % de taux d'effort sur 4 000 euros de revenus garde 2 600 euros pour quatre personnes, ce qui est plus tendu qu'il n'y paraît. Certaines banques appliquent un minimum par personne au foyer et refusent des dossiers pourtant conformes au ratio.

L'**apport** ensuite. Compter 10 % du prix pour couvrir les frais de notaire et la garantie reste la norme. Sur un bien à 150 000 euros, les frais d'acquisition dans l'ancien tournent autour de 11 000 à 12 000 euros. Un financement à 110 %, frais inclus, se voit encore, mais il demande un dossier très solide par ailleurs.

Enfin la **tenue du compte** sur les douze derniers mois. Découverts répétés, incidents de paiement, crédits à la consommation en cours : le conseiller regarde les relevés ligne par ligne. Un crédit auto de 250 euros par mois ampute directement la capacité d'emprunt de plus de 40 000 euros, tout simplement parce que ces 250 euros s'imputent sur le plafond de 35 % avant même le crédit immobilier. Solder un petit crédit avant de déposer le dossier vaut souvent mieux que négocier dix points de base sur le taux.

  **Ce qu'il faut faire six mois avant**

Solder les crédits à la consommation en cours, supprimer tout découvert, alimenter un compte d'épargne de façon régulière et visible. La régularité des versements pèse davantage que le montant. Un dossier préparé six mois à l'avance obtient de meilleures conditions qu'un dossier identique déposé dans l'urgence après une promesse de vente signée.

## Le salaire n'est pas tout, le contrat non plus

Un contrat à durée indéterminée hors période d'essai reste la référence, mais la réalité des dossiers acceptés est plus large. Un fonctionnaire titulaire passe facilement. Un indépendant avec trois exercices de bilans stables passe aussi, sur la base d'une moyenne des revenus déclarés. Un intérimaire ou un intermittent avec une ancienneté longue dans son secteur et des revenus réguliers sur plusieurs années trouve preneur, souvent avec un apport plus élevé.

Ce qui bloque vraiment, c'est l'irrégularité récente. Une reprise d'activité après six mois d'interruption, un changement de secteur, une création d'entreprise de moins de deux ans. Dans ces cas, attendre un ou deux exercices supplémentaires produit plus d'effet que n'importe quelle optimisation de dossier. Et si la réponse d'une banque est non, elle ne vaut que pour cette banque : les politiques de risque varient d'un établissement à l'autre, parfois d'une agence à l'autre. Un courtier facturera 1 à 2 % du montant emprunté pour faire ce tour de marché à votre place, ce qui se rentabilise dès qu'il gagne vingt points de base sur le taux.

---

## À propos de l'auteur

**Sophie Martin** — Je m’appelle Sophie Martin et je suis fascinée par tout ce qui fait avancer les entreprises sur le web. Ma passion : comprendre les stratégies, les bonnes pratiques et les idées qui permettent à un business de se développer, de se démarquer et de créer une véritable valeur.

J’aime décortiquer ce qui fonctionne vraiment : stratégies marketing, acquisition, expérience client, contenu, organisation ou encore nouvelles tendances du digital. Je cherche les approches concrètes, les idées innovantes et les méthodes qui peuvent faire la différence, au-delà des simples effets de mode.

Curieuse et toujours à l’affût de nouvelles pratiques, j’adore analyser les réussites, comprendre les choix qui se cachent derrière et partager ce que l’on peut en apprendre. Mon objectif est simple : transformer des concepts parfois complexes en conseils clairs, utiles et directement applicables.

À travers mes articles, je veux aider les entrepreneurs et les entreprises à prendre de meilleures décisions, à saisir les opportunités du web et à faire évoluer leur business avec plus de stratégie, de créativité et d’impact.
