Les bénéfices et les risques de l'investissement dans les crypto-monnaies

découvrez l'univers fascinant des cryptomonnaies : leurs avantages, comment investir et les dernières tendances du marché. rejoignez la révolution numérique et apprenez à naviguer dans le monde des actifs virtuels.
Sommaire4 sections
  1. 01Ce que ce marché apporte réellement
  2. 02Les risques, dans l'ordre où ils frappent
  3. 03La fiscalité, que presque personne n'anticipe
  4. 04Une manière raisonnable d'y aller

La question posée par un investisseur particulier n'est presque jamais « faut-il acheter du bitcoin ». Elle est : quelle part de mon épargne puis-je perdre entièrement sans que ça change ma vie ? Répondez à celle-là d'abord, et le reste du raisonnement devient beaucoup plus simple.

Les crypto-actifs ont ceci de particulier qu'ils cumulent deux caractéristiques rarement réunies : une volatilité comparable à celle d'une petite valeur boursière très spéculative, et une absence totale de filet de sécurité institutionnel. Un compte titres est couvert par un mécanisme de garantie en cas de défaillance du teneur de compte. Un dépôt bancaire est garanti jusqu'à 100 000 euros par déposant et par établissement. Des bitcoins conservés sur une plateforme qui fait faillite ne bénéficient d'aucun équivalent. La faillite de FTX fin 2022 l'a rappelé à des centaines de milliers de comptes.

Ce que ce marché apporte réellement

Pièces de crypto-monnaie et graphique de cours

Le premier argument avancé est le rendement. Il est réel sur longue période pour les actifs les plus capitalisés, et il est trompeur, parce qu'il est calculé sur des points de départ choisis après coup. Le même bitcoin a fait plusieurs fois plus de 200 % sur une année et perdu plus de 60 % sur une autre. Ces deux chiffres décrivent le même actif. Quiconque vous montre une courbe ascendante sur dix ans oublie de préciser qu'un achat au sommet d'un cycle a demandé trois ans pour revenir à l'équilibre.

Le deuxième argument est la diversification. Il tenait quand ce marché évoluait de son côté. Depuis que des acteurs institutionnels y sont entrés, notamment via les fonds indiciels cotés adossés au bitcoin autorisés aux États-Unis début 2024, la corrélation avec les actions technologiques s'est renforcée dans les phases de stress. Un portefeuille qui baisse le jour où le Nasdaq baisse ne diversifie pas grand-chose.

Restent deux avantages moins spectaculaires mais solides : un marché ouvert en continu, week-ends compris, ce qui évite les trous de cotation, et un accès direct sans montant minimum. On peut acheter 20 euros de bitcoin. C'est d'ailleurs la meilleure façon de commencer, avant de mettre 5 000 euros sur un actif dont on ne connaît ni le fonctionnement ni le rythme.

Les risques, dans l'ordre où ils frappent

La volatilité arrive en premier et c'est la moins dangereuse, parce qu'elle est visible. Des variations de 10 % en une journée sont banales sur les grandes capitalisations, de 30 à 40 % sur des jetons plus petits. Un investisseur qui accepte ce rythme et n'a pas besoin de son argent survit à une baisse. Celui qui a emprunté ou utilisé de l'effet de levier ne survit pas : il est liquidé avant le rebond.

Le risque de conservation vient ensuite, et il est sous-estimé. Tant que vos actifs sont sur une plateforme, vous détenez une créance sur cette plateforme, pas des crypto-actifs. En cas de défaillance, vous devenez créancier dans une procédure qui dure des années. La conservation sur un portefeuille personnel, matériel ou logiciel, supprime ce risque et en crée un autre : la perte de la phrase de récupération est définitive, sans service client, sans recours. Les deux options ont un coût, il faut choisir lequel on préfère porter.

Le risque de fraude reste le plus fréquent en volume. Faux conseillers en investissement contactés sur les réseaux, plateformes inconnues promettant un rendement mensuel fixe, prétendus placements « garantis » sur des jetons dont personne n'a entendu parler. La règle est mécanique : un rendement fixe promis sur un actif volatil est un mensonge, sans exception. En France, un prestataire de services sur actifs numériques doit être enregistré auprès du régulateur, et la liste est publique. Vérifier prend deux minutes et écarte la plupart des arnaques.

Le risque réglementaire, souvent présenté comme un vide juridique, a nettement diminué en Europe. Le règlement européen sur les marchés de crypto-actifs impose depuis son entrée en application un agrément, des règles de ségrégation des avoirs clients et des obligations d'information. Ce cadre ne protège pas contre la baisse des cours. Il réduit le risque que votre prestataire s'évapore avec la caisse.

La fiscalité, que presque personne n'anticipe

En France, les plus-values réalisées par un particulier lors de la cession d'actifs numériques contre de la monnaie ayant cours légal relèvent du prélèvement forfaitaire unique, soit 30 % au total, impôt et prélèvements sociaux compris. Une option pour le barème progressif existe et intéresse surtout les foyers faiblement imposés.

Deux points génèrent des redressements. D'abord, un échange entre deux crypto-actifs n'est pas imposable, mais un retrait en euros l'est, et le calcul se fait sur l'ensemble du portefeuille, pas ligne par ligne. Ensuite, tout compte détenu sur une plateforme établie à l'étranger doit être déclaré chaque année, et l'oubli coûte une amende par compte et par an. Beaucoup de particuliers l'ignorent jusqu'au courrier de l'administration.

Conséquence pratique : tenez un journal de vos opérations dès le premier achat. Date, montant en euros, frais, plateforme. Reconstituer trois ans d'historique après coup, sur quatre plateformes dont une a fermé, prend des week-ends entiers.

Une manière raisonnable d'y aller

Si vous décidez d'y consacrer une part de votre épargne, quelques principes limitent les dégâts sans rien enlever au potentiel. Achetez par petits montants réguliers plutôt qu'en une fois : sur un actif aussi erratique, l'étalement réduit l'effet du point d'entrée. Restez sur les deux ou trois actifs les plus capitalisés tant que vous n'avez pas passé plusieurs dizaines d'heures à comprendre le reste. Fixez à l'avance le niveau auquel vous prendrez une partie de vos gains, et écrivez-le, parce qu'en pleine hausse personne ne vend.

Mon avis, puisque le sujet en appelle un : ce marché n'est ni une escroquerie généralisée ni une retraite anticipée. C'est un actif spéculatif jeune, mieux encadré qu'il y a cinq ans, qui a produit des gains considérables pour ceux qui ont tenu et des pertes durables pour ceux qui sont entrés au sommet en s'imaginant que ça montait toujours. La différence entre les deux groupes tient rarement à l'intelligence, souvent au montant engagé.

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