Guide pratique pour réussir un rachat de crédit : étapes simplifiées

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Sommaire6 sections
  1. 01Le mécanisme, sans le vernis
  2. 02Ce que l'allongement coûte vraiment
  3. 03Les frais annexes, ligne par ligne
  4. 04Quand ça vaut le coup, quand ça n'en vaut pas
  5. 05Le déroulé, avec les délais réels
  6. 06Un mot sur les comparateurs

Le rachat de crédit se vend sur une promesse simple : une seule mensualité, plus basse, et un budget qui respire. La promesse est vraie. Ce qu'on omet de dire, c'est qu'elle se paie, et que le prix se lit rarement sur la plaquette commerciale. Regrouper des dettes ne les efface pas, ça les étale. Et étaler coûte.

Ça reste une opération utile dans certains cas, franchement mauvaise dans d'autres. Toute la question est de savoir dans quel cas vous êtes avant de signer un mandat de recherche.

Plusieurs crédits regroupés en une seule mensualité

Le mécanisme, sans le vernis

Un établissement rachète vos crédits en cours, les solde auprès de chaque prêteur, et vous consent un nouveau prêt unique d'un montant équivalent au capital restant dû, augmenté des frais de l'opération. La durée de ce nouveau prêt est plus longue que celle des crédits rachetés, presque par définition, puisque c'est ce qui fait baisser la mensualité.

Deux régimes existent, et la différence est loin d'être cosmétique. Si les crédits regroupés sont à plus de 60 % des crédits à la consommation, l'opération relève du régime du crédit à la consommation, avec une durée limitée et un taux plus élevé. Si la part immobilière dépasse ce seuil, on passe sous le régime du crédit immobilier : durée plus longue, taux plus bas, mais garantie hypothécaire à prendre, avec les frais de notaire qui vont avec.

Ce que l'allongement coûte vraiment

Prenons un cas plausible. Trois crédits en cours, un prêt travaux, un crédit auto et un crédit personnel, pour un capital restant dû total de 45 000 euros et des mensualités cumulées de 1 150 euros. Les échéances les plus courtes se terminent dans deux ans, la plus longue dans quatre.

Regroupé sur dix ans à un TAEG de 6,5 %, ce capital donne une mensualité d'environ 511 euros. Le soulagement mensuel atteint plus de 630 euros, ce qui est spectaculaire et explique le succès commercial du produit. Le coût total des intérêts sur ces dix années s'élève en revanche à quelque 16 300 euros, auxquels s'ajoutent les frais de dossier.

Si vous aviez laissé courir les crédits d'origine jusqu'à leur terme, la charge d'intérêts restante se serait située autour de 4 000 à 5 000 euros. Le regroupement vous coûte donc de l'ordre de 12 000 euros de plus, en échange de six années supplémentaires de remboursement et d'une trésorerie mensuelle rétablie. C'est un arbitrage, pas une économie. Toute publicité qui parle de « réduire le coût de vos remboursements » entretient une confusion entre la mensualité et le coût.

Les frais annexes, ligne par ligne

Le TAEG affiché intègre normalement la quasi-totalité de ces postes, encore faut-il les identifier pour vérifier qu'aucun n'a été oublié.

Les frais de dossier ou de courtage représentent le plus gros. Ils se négocient et se situent souvent entre 1 et 5 % du capital regroupé, soit de 450 à 2 250 euros sur notre exemple. Un point de droit à connaître : un intermédiaire en opérations de banque ne peut réclamer aucune somme avant le versement effectif des fonds. Une demande d'acompte, de frais d'étude ou de « frais de déblocage » avant que l'argent ne soit sur votre compte est illégale et signe une arnaque.

Les indemnités de remboursement anticipé des crédits rachetés viennent ensuite. Sur un prêt immobilier, elles sont plafonnées par la loi au plus faible de ces deux montants : six mois d'intérêts sur le capital remboursé, ou 3 % du capital restant dû. Sur un crédit à la consommation, elles sont plus limitées encore, et nulles en dessous d'un certain seuil de remboursement annuel.

Vient enfin le coût de la garantie quand un bien immobilier entre dans l'opération. Prise d'hypothèque, émoluments de notaire, taxe de publicité foncière : comptez un ou deux points du montant garanti. C'est le poste qui fait basculer la rentabilité d'un regroupement à composante immobilière, et celui que les simulateurs en ligne omettent le plus volontiers.

Et l'assurance emprunteur, souvent proposée en même temps. Elle n'est pas légalement obligatoire sur un crédit à la consommation, elle le devient en pratique dès que l'organisme la conditionne à son accord. Vérifiez si son coût entre dans le TAEG annoncé : si la réponse est non, le taux que vous comparez n'est pas le bon.

Quand ça vaut le coup, quand ça n'en vaut pas

L'opération se justifie dans trois situations. Quand le taux d'endettement dépasse 40 ou 45 % et que le budget mensuel ne tient plus, le regroupement évite l'incident de paiement, dont le coût, en frais bancaires puis en inscription au FICP, dépasse largement les intérêts supplémentaires. Quand les crédits rachetés portent des taux élevés, plusieurs crédits renouvelables à 18 ou 20 % par exemple, le nouveau taux peut être franchement plus bas et l'opération devient réellement avantageuse. Et quand un changement de situation durable, séparation, passage à mi-temps, arrivée d'un enfant, a déplacé le niveau de revenus sans que les mensualités suivent.

Ça ne vaut pas le coup dans deux cas. D'abord si vos crédits arrivent bientôt à échéance : payer douze ou dix-huit mensualités difficiles coûte moins cher que de repartir sur dix ans. Ensuite si le rachat sert à dégager de la trésorerie pour un nouveau projet, autrement dit si vous ajoutez un montant supplémentaire au capital regroupé. C'est l'engrenage classique : on rachète, on respire, on emprunte à nouveau parce que la capacité mensuelle s'est libérée, et dix-huit mois plus tard la situation est pire qu'avant avec six ans de dette en plus.

Le déroulé, avec les délais réels

Le dossier se monte avec les pièces habituelles : pièce d'identité, justificatif de domicile, trois derniers bulletins de salaire, deux derniers avis d'imposition, trois derniers relevés de tous vos comptes, et surtout les tableaux d'amortissement à jour de chaque crédit à racheter. Ce dernier point ralentit tout le monde : il faut les demander à chaque prêteur, qui met parfois deux semaines à les envoyer. Commencez par là.

Ensuite viennent l'étude, la proposition, puis l'offre de prêt en bonne et due forme. S'ajoute un délai de réflexion ou de rétractation selon le régime : quatorze jours calendaires pour un rachat sous régime consommation, dix jours incompressibles avant acceptation pour un rachat sous régime immobilier. Ces délais ne se négocient pas, et un commercial qui vous presse de signer « avant la fin du mois » ne peut rien accélérer.

Le déblocage des fonds se fait directement auprès de vos anciens prêteurs, jamais sur votre compte. Comptez six à dix semaines entre le premier contact et le solde effectif des crédits, plus si une garantie hypothécaire doit être prise. Deux vérifications à faire après le déblocage, que beaucoup d'emprunteurs négligent : que chaque prêteur a bien reçu son solde, avec un courrier de clôture, et que les prélèvements automatiques des anciennes mensualités ont bien été arrêtés. Un prélèvement qui continue un mois de trop sur un compte déjà tendu, c'est un rejet et des frais.

Un mot sur les comparateurs

La plupart des simulateurs en ligne de rachat de crédit appartiennent à des courtiers ou revendent votre demande à plusieurs d'entre eux. Remplir un formulaire, c'est accepter d'être rappelé, souvent par trois ou quatre interlocuteurs différents. Le chiffre affiché en sortie de simulateur est une mensualité indicative, sans les frais, calculée sur la durée la plus longue possible pour paraître attractive.

Un conseil plus terre à terre : commencez par votre propre banque. Elle connaît vos flux, elle a intérêt à conserver le client, et elle peut parfois renégocier ou réaménager un prêt existant sans passer par un regroupement complet, ce qui évite les frais de courtage. Ce n'est pas toujours la meilleure offre, mais ça donne un point de comparaison gratuit avant d'engager quoi que ce soit.

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