Guide pour sélectionner l'assurance habitation idéale pour votre domicile

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Sommaire6 sections
  1. 01Locataire ou propriétaire, deux obligations qui n'ont rien à voir
  2. 02La multirisque habitation et ce qu'elle contient réellement
  3. 03Valeur à neuf ou vétusté déduite, la clause qui change tout
  4. 04Franchise et exclusions, les deux endroits où le contrat se referme
  5. 05Déclarer un sinistre : les délais courent vite
  6. 06Changer d'assureur est devenu simple, profitez-en

L'assurance habitation fait partie de ces contrats qu'on signe en vingt minutes, souvent le jour de la remise des clés, et qu'on ne relit plus jamais. Elle coûte quelques dizaines d'euros par mois, elle rassure, et elle finit dans une chemise en carton. Puis un jour un joint de machine à laver lâche pendant les vacances, et on découvre à cette occasion ce qu'on avait vraiment acheté.

Le principe du contrat est simple : vous payez une cotisation, l'assureur prend en charge certains dommages subis par votre logement et vos biens, et il couvre aussi ce que vous causez aux autres. Tout le reste, c'est-à-dire la plupart des mauvaises surprises, se joue dans trois endroits du contrat que presque personne ne lit : le montant de la franchise, le mode d'indemnisation du mobilier, et la liste des exclusions.

Locataire ou propriétaire, deux obligations qui n'ont rien à voir

Maison individuelle vue de l'extérieur avec jardin

Un locataire doit être assuré. La loi lui impose de couvrir au minimum les risques locatifs, incendie, dégât des eaux, explosion, et de fournir chaque année une attestation à son bailleur. Sans elle, le propriétaire peut souscrire un contrat à sa place et lui en refacturer le coût majoré, ou engager la résiliation du bail. Cette garantie minimale couvre le bâtiment, pas les affaires du locataire : un contrat limité aux risques locatifs laisse ses meubles et ses appareils sans protection.

Un propriétaire occupant en maison individuelle n'a, lui, aucune obligation légale. Il assume ses propres murs, et il peut choisir de ne pas s'assurer. En copropriété, c'est différent : il doit au moins souscrire une responsabilité civile pour les dommages causés aux voisins et aux parties communes.

Reste le cas du propriétaire qui loue son bien. L'assurance de son locataire ne le couvre pas pour tout, notamment pas pour les périodes de vacance entre deux baux, ni pour les dommages qui trouvent leur origine dans le bâti. Un contrat propriétaire non occupant comble ce trou, pour un coût généralement modeste.

La multirisque habitation et ce qu'elle contient réellement

La quasi-totalité des contrats vendus aujourd'hui sont des multirisques. Le socle est à peu près partout le même : incendie et événements assimilés, dégâts des eaux, vol et vandalisme, bris de glace, tempête, catastrophes naturelles, responsabilité civile de la vie privée.

Cette dernière ligne mérite qu'on s'y arrête, parce qu'elle sort du logement. Elle couvre les dommages que vous, votre conjoint, vos enfants ou votre chien causez à autrui, où que ce soit. Un vélo qui raye une voiture, un enfant qui casse la vitrine d'un commerce, un ballon dans la baie vitrée du voisin : c'est cette garantie qui joue, et elle représente sans doute la partie la plus utile du contrat sur une vie entière.

Le reste se compose d'options : dommages électriques, piscine, panneaux solaires, jardin et clôtures, objets de valeur, protection juridique, assistance et relogement. Chacune se paie, et toutes ne se valent pas. L'assistance relogement, souvent traitée comme un accessoire, devient le poste le plus utile quand un incendie rend le logement inhabitable pendant plusieurs mois.

Valeur à neuf ou vétusté déduite, la clause qui change tout

Voici le point qui sépare deux contrats affichant le même tarif. Quand vos biens sont détruits, l'assureur peut les indemniser de deux façons. En valeur d'usage, il applique un coefficient de vétusté : votre canapé de huit ans est remboursé à hauteur de ce qu'il vaut d'occasion, souvent 30 ou 40 % du prix d'achat. En valeur à neuf, il verse de quoi racheter un bien équivalent neuf, dans la limite d'un plafond et souvent d'une ancienneté maximale.

L'écart est énorme après un sinistre important. Un salon, une cuisine équipée et un parc informatique achetés il y a cinq ans peuvent représenter 15 000 euros à racheter et 5 000 euros indemnisés en valeur d'usage. La garantie valeur à neuf coûte quelques euros de plus par mois. Elle se justifie dès qu'on a du mobilier récent.

Deuxième chiffre à surveiller : le capital mobilier déclaré. C'est le montant maximal indemnisable pour l'ensemble de vos biens. La plupart des gens le sous-estiment largement, parce qu'ils raisonnent en gros meubles et oublient le reste. Faites l'exercice une fois, pièce par pièce, en additionnant l'électroménager, l'informatique, les vêtements, les livres, les outils, les vélos. Le total dépasse presque toujours l'estimation intuitive.

Franchise et exclusions, les deux endroits où le contrat se referme

La franchise reste à votre charge. Elle tourne souvent autour de 150 à 300 euros par sinistre, avec des franchises spécifiques plus élevées sur certaines garanties, notamment le vol et les dommages électriques. Un contrat à franchise basse coûte plus cher chaque année, ce qui a du sens quand on est sujet aux petits sinistres répétés, et beaucoup moins quand on n'a rien déclaré depuis dix ans.

Les exclusions sont plus sournoises, parce qu'elles ne se découvrent qu'au moment du refus. Le défaut d'entretien arrive en tête : une toiture jamais nettoyée, une canalisation dont la fuite était visible depuis des mois, une gouttière obstruée. L'assureur refuse, et il a le contrat pour lui. L'inoccupation prolongée en est une autre : au-delà de trente ou quatre-vingt-dix jours d'absence selon les contrats, la garantie vol peut tomber ou être réduite.

Le vol comporte ses propres conditions, souvent oubliées. Beaucoup de contrats imposent un niveau de serrure précis, parfois une porte à trois points, et exigent la preuve d'une effraction. Un vol sans effraction, avec une clé perdue ou une fenêtre laissée ouverte, se heurte fréquemment à un refus. Les objets de valeur, bijoux, montres, œuvres, instruments de musique, sont plafonnés à un montant global assez bas s'ils n'ont pas été déclarés et évalués séparément.

Déclarer un sinistre : les délais courent vite

Vous disposez en général de cinq jours ouvrés pour déclarer un dégât des eaux ou un incendie, deux jours ouvrés seulement pour un vol, et dix jours après la parution de l'arrêté au Journal officiel pour une catastrophe naturelle. Hors du délai, l'assureur peut opposer un refus s'il démontre que le retard lui a causé un préjudice.

Avant de nettoyer quoi que ce soit, photographiez. Les dégâts, les biens abîmés, la source du problème. Rassemblez les factures d'achat, ou à défaut les relevés bancaires et les photos de famille où l'on voit le meuble en question. C'est le moment où une liste tenue à jour, avec quelques photos rangées dans un espace de stockage en ligne, fait gagner un temps considérable.

Un mot sur les dégâts des eaux entre voisins : le constat amiable se remplit à deux, chacun transmet à son assureur, et les compagnies règlent entre elles selon une convention. Ne signez pas un constat qui vous attribue une responsabilité que vous contestez, même pour aller plus vite.

Changer d'assureur est devenu simple, profitez-en

Après un an de contrat, vous pouvez résilier à tout moment, sans motif ni pénalité, et c'est le nouvel assureur qui s'occupe des formalités si vous en prenez un autre. Cette souplesse a changé le rapport de force, et beaucoup d'assurés ne l'utilisent toujours pas.

Faire jouer la concurrence tous les deux ou trois ans a du sens, à condition de comparer autre chose que le prix mensuel affiché sur une page de résultats. Reprenez vos quatre chiffres : capital mobilier, mode d'indemnisation, franchise, plafond des objets de valeur. Un contrat 30 % moins cher avec un capital mobilier divisé par deux n'est pas une bonne affaire, c'est un autre produit.

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