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title: "Guide pour établir le Tarif Journalier Moyen optimal pour vos services"
url: https://ksabz.net/guide-pour-etablir-le-tarif-journalier-moyen-optimal-pour-vos-services.html
author: "Sophie Martin"
date_published: 2024-08-15T08:31:46+02:00
date_modified: 2026-09-09T12:29:15+02:00
categories: ["Business"]
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description: "Déterminer un Tarif Journalier Moyen (TJM) optimal est essentiel pour les freelances et les entrepreneurs souhaitant garantir la rentabilité de leurs services. Une tarification adéquate…"
site: "ksabz"
license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source."
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# Guide pour établir le Tarif Journalier Moyen optimal pour vos services

La plupart des freelances fixent leur tarif journalier en regardant ce que font les autres. On demande dans un groupe, on consulte deux ou trois baromètres, on retient un chiffre rond, on l'annonce. Ça marche à peu près tant que les missions s'enchaînent. Le jour où un trou de six semaines arrive, ou une facture impayée, on découvre que le tarif ne tenait sur rien.

Il existe une autre façon de procéder, moins agréable et beaucoup plus utile : calculer d'abord le montant en dessous duquel votre activité perd de l'argent. C'est votre plancher. Il ne dépend ni du marché, ni de votre expérience, ni de ce que le client accepte de payer. Il dépend de vos charges et du nombre de jours que vous facturerez réellement dans l'année. Une fois ce chiffre posé, vous savez ce que vous pouvez refuser.

## Le plancher se calcule à l'envers, en partant de ce dont vous avez besoin

![Indépendant calculant son tarif journalier sur un carnet](https://ksabz.net/wp-content/uploads/2024/08/-139.jpg)

La logique tient en une phrase : ce que vous devez encaisser dans l'année, divisé par le nombre de jours que vous pouvez facturer dans l'année. Le piège se trouve dans les deux termes, et surtout dans le second.

Commencez par le haut. Additionnez ce que vous voulez vous verser net sur douze mois, puis ajoutez les cotisations sociales et l'impôt correspondants. Selon votre statut (micro-entreprise, entreprise individuelle au réel, société à l'impôt sur les sociétés avec rémunération de gérant, portage salarial), le coefficient entre net perçu et chiffre d'affaires nécessaire varie fortement. En micro-entreprise dans les services, comptez grossièrement un quart du chiffre d'affaires qui part en cotisations, avant impôt sur le revenu. En société avec rémunération de dirigeant, le total charges sociales comprises représente souvent 1,5 à 1,8 fois le net versé, selon le régime.

Ajoutez ensuite tout ce que l'activité coûte, même les lignes qui semblent négligeables : logiciels par abonnement, matériel amorti sur trois ans, comptable, assurance responsabilité civile professionnelle, mutuelle, prévoyance, banque professionnelle, hébergement et nom de domaine, téléphone, déplacements non refacturés, cotisation foncière des entreprises, formation. Chez la plupart des indépendants du numérique ou du conseil, ce bloc pèse entre 3 000 et 8 000 euros par an. Chez ceux qui louent un bureau ou renouvellent souvent leur matériel, il double.

  **Deux chiffres avant tout**

Votre besoin annuel de chiffre d'affaires et votre nombre de jours facturables. Tout le reste, expérience, niveau du marché, valeur perçue, intervient après. Tant que ces deux chiffres ne sont pas écrits quelque part, un tarif journalier n'est qu'une intuition.

## Les jours facturables sont bien moins nombreux que les jours ouvrés

Voilà l'erreur qui plombe la moitié des calculs de TJM. L'année compte environ 218 jours ouvrés une fois retirés les week-ends et les jours fériés. Beaucoup divisent leur besoin annuel par ce chiffre, ou par 220. Le résultat est faux, et il est faux dans le mauvais sens.

Retirez d'abord vos congés. Cinq semaines, soit vingt-cinq jours, si vous comptez prendre des vacances comme un salarié. Retirez la maladie, même en petite quantité : trois à cinq jours par an est une hypothèse raisonnable pour quelqu'un qui n'a pas d'enfants en bas âge. Retirez surtout le temps que vous passez à travailler sans facturer : prospection, réponses aux appels d'offres, devis non signés, administratif, comptabilité, veille, formation, mise à jour de votre site ou de votre portfolio. Ce temps existe, il est nécessaire, et personne ne le paie.

Sur une activité de conseil ou de prestation intellectuelle bien installée, le taux d'occupation facturable dépasse rarement 70 à 75 % des jours travaillés. En début d'activité, ou dans un métier où chaque mission demande une réponse écrite détaillée, on tombe facilement à 50 ou 60 %. Traduit en jours : entre 130 et 165 jours facturables par an pour la plupart des indépendants, et non 218.

  **Le calcul en trois lignes**

Rémunération nette annuelle souhaitée, majorée des cotisations et de l'impôt selon votre statut. Plus les charges de fonctionnement de l'année. Le tout divisé par le nombre de jours réellement facturables, entre 130 et 165 pour la plupart. Un besoin de 60 000 euros de chiffre d'affaires sur 140 jours donne un plancher de 430 euros environ. Sur 200 jours imaginaires, il donnerait 300 euros, et vous travailleriez à perte sans le voir.

## Ce que le plancher ne dit pas

Le nombre obtenu n'est pas votre prix. C'est la limite en dessous de laquelle une mission vous appauvrit. Confondre les deux mène à annoncer son plancher comme tarif, ce qui revient à travailler douze mois pour finir l'année à zéro dès qu'un imprévu se présente.

Entre le plancher et le prix affiché, il faut loger trois choses. D'abord une marge de sécurité, parce que les impayés existent, parce qu'une année à quatre-vingts jours facturés arrive, parce qu'un ordinateur meurt. Ensuite votre épargne de retraite, très largement à votre charge quand vous êtes indépendant, et que personne ne calcule au moment de fixer un tarif. Enfin la valeur de ce que vous livrez, qui n'a aucun rapport avec vos charges : un audit qui fait économiser cent mille euros à un client ne se facture pas au coût de revient d'une journée.

Une règle simple donne un point de départ acceptable : ajoutez 20 à 30 % à votre plancher pour obtenir un tarif de travail. Vous corrigerez ensuite, en fonction de ce que le marché absorbe et de la façon dont les négociations se passent.

## Vérifier son chiffre face au marché, sans s'y soumettre

Une fois le plancher posé, regardez les repères disponibles : baromètres publiés par les plateformes de freelances, grilles des sociétés de portage, tarifs affichés par des confrères sur leur site, et les fourchettes que les cabinets de recrutement annoncent pour votre spécialité. Prenez-les pour ce qu'ils sont, des moyennes issues d'échantillons variables, souvent tirées vers le haut par les profils parisiens et les missions en grand compte.

Le cas à traiter sérieusement est celui où votre plancher dépasse nettement les tarifs pratiqués autour de vous. Deux explications possibles. Soit vos charges sont trop lourdes pour votre volume d'activité, et le sujet est structurel : statut mal choisi, bureau trop cher, abonnements accumulés. Soit votre positionnement vous met en concurrence avec des profils moins chers, et il faut changer de terrain plutôt que baisser le prix. Baisser sous son plancher pour « rester compétitif » n'est pas une stratégie commerciale, c'est un compte à rebours.

  **Une journée dure combien de temps**

Précisez ce que couvre votre tarif journalier avant la première mission : sept heures, huit heures, avec ou sans les réunions de suivi, avec ou sans les allers-retours de relecture. Sans cette ligne dans le devis, une journée facturée finit régulièrement à dix heures de travail. Fixez aussi votre demi-journée à 60 % du tarif plein, jamais à 50 %, parce qu'une demi-journée mange souvent la journée entière.

## Les points qui font varier le chiffre légitimement

Certains éléments justifient de s'écarter du tarif de référence, à la hausse comme à la baisse, et il vaut mieux les avoir en tête avant la discussion plutôt que de les improviser.

- La durée : une mission de six mois à temps plein supprime votre coût de prospection sur la période. Une remise de 5 à 10 % se défend, pas davantage, car elle vous rend dépendant d'un client unique.
- Le délai de paiement : soixante jours fin de mois vous transforment en banquier. Cela se compense, dans le tarif ou par un acompte.
- L'urgence et le travail en dehors des heures ouvrées, qui se facturent avec une majoration annoncée à l'avance, pas réclamée après coup.
- L'intermédiation : une plateforme ou une ESN prélève entre 10 et 25 % du montant facturé au client final. Votre tarif doit être exprimé net de cette commission.
- Le déplacement : le temps de trajet non refacturé sur une mission à trois heures de train pèse plus lourd que la remise que vous seriez prêt à consentir.

## Recalculer une fois par an, en janvier

Le plancher n'est pas un chiffre à graver. Vos charges bougent, votre statut peut changer, votre taux d'occupation réel se mesure une fois l'année passée. Reprenez le calcul chaque janvier avec les données de l'année écoulée, en remplaçant vos estimations de jours facturables par les jours réellement facturés. La plupart des indépendants découvrent à ce moment qu'ils ont facturé vingt jours de moins qu'ils ne le croyaient.

Gardez aussi une trace de vos devis refusés et de leur motif. Si personne ne refuse jamais votre tarif, il est trop bas. Si tout le monde le refuse, le problème vient rarement du chiffre lui-même : il vient de ce que le devis promet et de la manière dont vous en parlez. Le plancher, lui, ne se négocie pas. Il se constate.

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## À propos de l'auteur

**Sophie Martin** — Je m’appelle Sophie Martin et je suis fascinée par tout ce qui fait avancer les entreprises sur le web. Ma passion : comprendre les stratégies, les bonnes pratiques et les idées qui permettent à un business de se développer, de se démarquer et de créer une véritable valeur.

J’aime décortiquer ce qui fonctionne vraiment : stratégies marketing, acquisition, expérience client, contenu, organisation ou encore nouvelles tendances du digital. Je cherche les approches concrètes, les idées innovantes et les méthodes qui peuvent faire la différence, au-delà des simples effets de mode.

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