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title: "Calculez les montants à rembourser pour un emprunt de 150 000 euros"
url: https://ksabz.net/calculez-les-montants-a-rembourser-pour-un-emprunt-de-150-000-euros.html
author: "Sophie Martin"
date_published: 2024-08-17T12:08:25+02:00
date_modified: 2026-09-09T12:40:35+02:00
categories: ["Business"]
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description: "Lorsqu'il s'agit de financer un projet immobilier ou de réaliser un investissement, l'emprunt bancaire devient souvent une solution incontournable. Cependant, comprendre les montants à…"
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# Calculez les montants à rembourser pour un emprunt de 150 000 euros

Posons le problème avec des chiffres, tout de suite. Vous empruntez 150 000 euros sur 20 ans. Le banquier annonce une mensualité de 870 euros et vous trouvez ça gérable. Ce que la phrase ne dit pas, c'est que vous rendrez environ 209 000 euros à la banque. Presque 59 000 euros d'intérêts, soit le prix d'une voiture neuve haut de gamme, pour avoir eu l'argent tout de suite.

Ce n'est pas un scandale, c'est le prix du temps. Mais raisonner en mensualité seule, comme y invitent la plupart des simulateurs, fait disparaître ce chiffre du champ de vision. Or c'est celui qui décide si l'opération est bonne ou non.

## La formule, une fois pour toutes

![Calculatrice, tableau d'amortissement et documents de prêt](https://ksabz.net/wp-content/uploads/2024/08/-161.jpg)

Un prêt amortissable classique se rembourse par mensualités constantes. La formule qui donne cette mensualité tient en une ligne : M = C x i / (1 : (1 + i) puissance moins n). C est le capital emprunté, i le taux mensuel, c'est-à-dire le taux annuel divisé par douze, et n le nombre total de mensualités.

Appliquons-la. Capital 150 000 euros, taux nominal hypothétique de 3,50 % par an hors assurance, durée 20 ans. Le taux mensuel vaut 0,0029167 et n vaut 240. La mensualité ressort à 869,94 euros. Sur 240 échéances, vous versez 208 785 euros, dont 58 785 euros d'intérêts.

Je précise, et ce n'est pas une clause de style : ce 3,50 % est une hypothèse de travail, pas un taux du marché ni une offre. Les taux bougent en permanence selon la durée, le profil de l'emprunteur, l'apport et l'établissement. Refaites le calcul avec le chiffre que votre banque vous écrit noir sur blanc, et seulement avec celui-là.

  **La simulation posée**

150 000 euros, 3,50 % nominal hypothétique, 20 ans : mensualité de 869,94 euros hors assurance, coût des intérêts de 58 785 euros, total remboursé de 208 785 euros. Ces chiffres sont une simulation faite pour l'exemple. Ils bougent avec le moindre dixième de point de taux.

## La durée décide du coût total, pas le taux

Beaucoup d'emprunteurs négocient dix centièmes de point et acceptent sans discuter cinq ans de durée en plus. C'est l'inverse qu'il faudrait faire. Reprenons le même capital de 150 000 euros au même taux hypothétique de 3,50 % et faisons varier la seule durée.

| Durée | Mensualité hors assurance | Intérêts payés | Total remboursé |
| --- | --- | --- | --- |
| 10 ans | 1 483 euros | 27 995 euros | 177 995 euros |
| 15 ans | 1 072 euros | 43 018 euros | 193 018 euros |
| 20 ans | 870 euros | 58 785 euros | 208 785 euros |
| 25 ans | 751 euros | 75 281 euros | 225 281 euros |

Regardez la dernière ligne face à la deuxième. Passer de 15 à 25 ans allège la mensualité de 321 euros, ce qui est confortable. Mais la facture d'intérêts grimpe de 43 000 à 75 300 euros. Vous achetez 321 euros de confort mensuel au prix de 32 000 euros supplémentaires. Dit autrement, chaque euro de mensualité économisé vous coûte environ 100 euros d'intérêts en plus sur la vie du prêt.

Ça ne veut pas dire qu'il faut toujours emprunter court. Une mensualité trop lourde qui fait sauter le budget au premier imprévu est une mauvaise affaire, même bon marché. Mais l'arbitrage doit être conscient, chiffré, et pas subi parce que la durée longue était la seule qui faisait passer le dossier.

## Le taux, ce qu'un demi-point change

Toujours 150 000 euros, toujours 20 ans, on fait bouger le taux nominal. À 2,50 % la mensualité tombe à 795 euros et les intérêts à 40 765 euros. À 3,50 % on est à 870 euros et 58 785 euros. À 4,50 % on monte à 949 euros et 77 754 euros.

Deux points d'écart de taux, 37 000 euros de différence sur le coût total. Voilà pourquoi il vaut la peine de faire jouer la concurrence, de passer par plusieurs établissements ou par un courtier, et de soigner son apport et ses relevés de compte des trois derniers mois. Ces trois relevés pèsent souvent plus que le discours qu'on tient en rendez-vous.

  **Où part l'argent au début**

Sur la première échéance de notre simulation à 20 ans, 437 euros partent en intérêts et seulement 433 euros remboursent du capital. Il faut attendre environ la moitié de la durée pour que la part de capital domine nettement. C'est la raison pour laquelle revendre au bout de quatre ans laisse encore une dette très proche du montant emprunté.

## Le TAEG, le seul chiffre qui se compare

Le taux nominal ne sert qu'à calculer la mensualité brute. Pour comparer deux offres, un seul indicateur compte : le TAEG, taux annuel effectif global. Il agrège le taux nominal, les frais de dossier, les frais de garantie, hypothèque ou caution, les frais de courtage éventuels et le coût de l'assurance emprunteur. Il figure obligatoirement sur l'offre de prêt.

Une banque qui affiche un taux nominal plus bas mais 1 500 euros de frais de dossier et une assurance groupe onéreuse peut sortir un TAEG supérieur à celle qui affichait un dixième de point de plus. Comparez les TAEG, et à côté, comparez les coûts totaux du crédit en euros. Deux chiffres, pas un.

### L'assurance emprunteur, la ligne qu'on oublie

Sur notre exemple, une assurance à 0,34 % du capital initial ajoute environ 42 euros par mois, soit près de 10 200 euros sur vingt ans. Un tarif de 0,10 % pour un emprunteur jeune et non fumeur ramènerait ce total autour de 3 000 euros. L'écart, environ 7 000 euros, dépasse largement ce que rapporte une négociation de taux musclée.

Vous n'êtes pas tenu de prendre l'assurance de la banque, ni au départ, ni ensuite. La délégation d'assurance est un droit, et depuis la loi Lemoine le changement d'assurance emprunteur est possible à tout moment, sans frais, à condition que les garanties restent équivalentes à celles exigées par le prêteur.

## Ce que la banque regarde de son côté

Le taux d'endettement retenu est plafonné à 35 % des revenus nets, assurance comprise. Sur notre simulation, mensualité de 870 euros plus 42 euros d'assurance font 912 euros. Pour rester sous la barre, il faut environ 2 610 euros de revenus nets mensuels, hors autres crédits en cours. Une mensualité de voiture à 250 euros décale mécaniquement ce seuil vers le haut.

À côté du ratio, les prêteurs regardent le reste à vivre, ce qui subsiste une fois la mensualité et les charges fixes payées. Un ménage à 6 000 euros de revenus à 36 % d'endettement peut passer là où un ménage à 2 000 euros à 33 % sera refusé. Il existe une marge de flexibilité encadrée sur une part des dossiers, mais elle ne se réclame pas, elle s'obtient.

Dernier garde-fou, le taux d'usure : au-delà d'un TAEG plafond fixé par trimestre selon la catégorie de prêt, aucun établissement n'a le droit de prêter. Quand les taux montent vite, ce plafond bloque des dossiers pourtant solides, souvent à cause du coût de l'assurance. Là encore, faire baisser l'assurance débloque parfois ce que la négociation de taux ne débloque pas.

  **Deux réflexes de prudence**

Aucun organisme sérieux ne réclame de frais avant le déblocage des fonds : une demande de virement préalable, quel qu'en soit le prétexte, signale une arnaque. Et personne, banquier ou courtier, ne peut vous promettre l'obtention d'un prêt ni un taux avant l'édition de l'offre écrite.

## Rembourser plus vite, et ce que ça rapporte vraiment

Un remboursement anticipé partiel réduit le capital restant dû, donc les intérêts futurs. Deux options au moment de le faire : garder la mensualité et raccourcir la durée, ce qui économise le plus, ou garder la durée et baisser la mensualité, ce qui soulage le budget. Sur un prêt immobilier, l'indemnité de remboursement anticipé est plafonnée à six mois d'intérêts sur le capital remboursé, sans dépasser 3 % du capital restant dû.

L'effet est d'autant plus fort que le remboursement intervient tôt, quand les échéances sont encore gorgées d'intérêts. Injecter 10 000 euros à la cinquième année de notre simulation économise nettement plus que la même somme injectée à la quinzième. Avant de le faire, comparez tout de même avec ce que rapporterait cet argent placé sans risque : si le rendement net dépasse le taux du crédit, garder le prêt reste défendable.

Une dernière chose sur les tableaux d'amortissement. Demandez-le systématiquement, ligne par ligne, avant de signer. Il montre mois par mois la part de capital, la part d'intérêts et le capital restant dû. C'est le seul document qui rend le crédit lisible, et il est gratuit.

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## À propos de l'auteur

**Sophie Martin** — Je m’appelle Sophie Martin et je suis fascinée par tout ce qui fait avancer les entreprises sur le web. Ma passion : comprendre les stratégies, les bonnes pratiques et les idées qui permettent à un business de se développer, de se démarquer et de créer une véritable valeur.

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